Quel titre accrocheur digne des plus grandes influenceuses qui s’apprête à révéler un grand secret, suivie par ses milliers d’abonnés.
En réalité, ce n’est un secret ni pour mes proches, ni pour mes clients adorés de photographie. Mais si j’en fais un texte aujourd’hui, c’est parce que c’est un sujet qui me tient à cœur et qui me permettra de vous expliquer ce qui va se passer dans les prochains mois.
Je pense que d’aussi loin que je me souvienne (ça y est on parle comme les vrais adultes, la trentaine est officiellement dépassée), j’ai toujours envié les personnes qui vivaient une vie différente. Ou en tout cas, les personnes qui s’autorisaient à en tester une. Et je pense que j’en ai réellement pris conscience quand je suis entrée dans le monde des grands, celui du travail. Alors, je me suis dit, pourquoi ne pas tout expliquer depuis le début ?
En 2017, après 6 ans d’étude et 2 diplômes en poche, ça y est, je décroche mon premier emploi. J’ai étudié à l’université, je travaille au Luxembourg. Et on sait que pour une petite belge provenant de la campagne, « travailler au Luxembourg » ça veut dire bien gagner sa vie (elle sort d’où cette expression pourrie d’ailleurs, d’où on doit « gagner » sa vie ?!). Bref, je quitte le cocon familial, je me prends mon premier appartement seule, je m’achète ma première voiture, et je prends pas n’importe quoi, évidemment ! On était dans une époque où les problèmes de coco et autres n’existaient pas encore, donc j’avais largement les moyens de me faire plaisir tous les mois, tout en épargnant en même temps.
Et puis, les mois passent, les années même aussi. Et malgré le confort financier, j’ai l’impression qu’il manque quelque chose. Je lis des blogs voyage, beaucoup. Dès que je prends mes congés, c’est pour partir. Hors de question de prendre des congés pour rester chez moi. Je planifie tous mes itinéraires, et à chaque fois que je reviens, je ne fais que penser au suivant. Mais en fait, je vis simplement ce que beaucoup de gens vivent. C’est comme ça, on travaille, et on part en vacances une fois, ou deux pendant l’année pour ceux qui peuvent. Et moi je pouvais, donc j’en profitais, mais seulement 3-4 semaines par an. Pour moi ce n’était pas suffisant, mais c’était comme ça. C’est ça, la vie active. Enfin on s’en persuade, surtout.
Et puis, en 2020, on sait tous ce qui est venu chambouler un peu nos vies. Très mauvaise période pour moi, au début. Mais qui a finalement remis beaucoup de choses à leur place. Je me retrouve coincée chez moi, seule, en télétravail. C’est là que j’ai fait la rencontre de l’amour de ma vie, mon petit chat ❤️ (et mon mec aussi par la même occasion haha). Mais je m’égare. Ce qui a réellement changé pour moi, c’est le temps. Je ne passais plus 3 heures par jour dans ma voiture (c’est bien le Lux, mais encore faut-il s’y rendre). J’avais du temps, et coincée chez moi, c’était du temps pour moi. Assez naturellement, le sujet qui s’est vite imposée à moi était la photographie.
Il faut revenir quelques années en arrière, quand il a fallu faire un choix d’études. J’ai d’abord pensé à la photographie. Puis on m’a découragée, me disant qu’il y avait peu de débouchées et que le matériel coutait cher. Je suis assez vite passée à autre chose, me disant que ça resterait une passion, sur le côté. Mais le côté je ne l’avais pas, donc j’ai rapidement vendu le peu de matériel que j’avais, me disant que mon téléphone avec la pomme suffirait pour immortaliser mes voyages.
Et nous voilà en 2020, à éplucher les informations en ligne, les formations, les comparatifs de matériel photo. Mais on arrive en juin. Et en juin, il fallait retourner au bureau. Ici, le télétravail n’était pas quelque chose qui allait être mis en place. C’était uniquement quand c’était obligatoire. Donc je suis de retour là, 5 jours sur 7. Autant vous dire que le retour à cette routine a été catastrophique. Rentrer tard, dormir, recommencer. Être fatiguée. Irritée. J’arrive quand même à trouver un peu de temps pour la photo, et en quelques mois je me retrouve à avoir des demandes rémunérées.
Mais je n’ai pas assez de temps pour me concentrer sur cette activité. Donc je trouve ma solution : changer de travail. Je cherche pendant plusieurs mois, dans mon domaine de base qui est le marketing, mais je ne trouve rien qui me plaît. Entre temps, on fait le pari fou de transformer une camionnette en van aménagé. Avec l’explosion des vans et ce type de voyage pendant l’année coco, ça nous donne des envies. On le fait, et on parcoure tout le sud de la France pendant 2 semaines, et je fais mes vraies premières photos de voyage. Ça y est, on adore, et on est pris. Mais entre le boulot, les activités du week-end, on ne rentabilise pas beaucoup notre petit Buck (évidemment qu’on lui a donné un nom, c’est la tendance non ?)
A la fin de l’été, ça y est, je trouve mon futur job, à 3 minutes de chez moi. C’est un domaine que je ne suis pas certaine d’aimer à la base, mais j’ai envie de le tenter parce que je vais apprendre plein de nouvelles choses. J’adore l’équipe, l’ambiance, je passe les formations et je suis félicitée par mes collègues. Je rentre tôt, j’ai du temps. J’ai même développé l’activité de photographe et je suis maintenant indépendante complémentaire. Je comble tout doucement la perte de salaire dû au passage du Lux vers la Belgique.
Ma vie me plaît mieux, mais intérieurement… ça cloche. Je continue de planifier tous mes voyages, on a la chance avec monsieur de prendre nos congés quand on veut, hors périodes scolaires. Malheureusement, on revend notre petit Buck, en se promettant qu’on recommencera, mais en mieux, en plus grand, pour aller partout et avec n’importe quelle météo cette fois.
9 mois plus tard (non c’est pas un bébé), je démissionne. 2 collègues que j’adore sont parties, et je pense surtout que je me suis trompée sur le domaine. Pourtant j’adore l’équipe, mais ça ne suffit pas. Et surtout, on me contacte pour un job en marketing, à nouveau pas très loin de chez moi. Je le tente, en me disant que là, c’est la bonne. Mon activité de photographe commence à vraiment bien fonctionner, je rencontre plein de personnes géniales, j’adore ce métier. J’ai mon nouveau job sur le côté, je voyage à chaque fois que je prends des congés. La France, l’Italie, la Turquie, le Mexique, …
Mais, ça cloche toujours.
Ce n’est pas suffisant.
Le retour de voyage est à chaque fois un peu plus difficile.
Je suis à nouveau devant mon écran, à me demander ce que je fais là, à chaque fois.
Mais comment on fait, quand on se sent réellement bien uniquement en voyage ? On ne peut pas tout quitter et ne faire que ça. C’est impossible. A moins d’être une riche héritière, une influenceuse qui montre ses pieds ou de faire de la télé réalité. Non ça c’est pas des options Ginette, faut pas déconner. Je ne suis pas non plus une photographe de luxe, moi j’aime bien mes petites familles simples et si attachantes.
On passe des soirées à discuter voyage, moi je quitterais tout si je le pouvais. Lui, pas vraiment. On a des idées, puis on les change. On pense à acheter un bien à l’étranger, on se renseigne même. Puis on change d’avis. Habiter une année ailleurs, pour essayer ? Pourquoi pas, mais il faut trouver du travail. Pour lui, il y a la barrière de la langue. J’ai eu la chance de partir aux US pendant 6 mois, je parle anglais. Aller vers la France ? Pourquoi pas. Tout ce que je veux, c’est la mer à proximité et un meilleur climat.
Et puis, un jour, on prend une décision, et on ne la changera pas. On adore voyager, mais on veut plus. Le vrai voyage, pas partir en vacances et exploser le budget parce que « eh, on se fait plaiz hein, c’est nos vacances annuelles ». Alors pour contenter les deux parties, on décide de partir un an, pour essayer. Mais où ? De quelle façon ?
Après plusieurs débats, le projet est défini : on achète un camping-car, on parcoure l’Europe pendant un an. Quelques semaines après, on trouve Bucky, le daron de Buck, et on tente un premier voyage de 2 semaines en Toscane pour se tester à cette vie. Verdict : on adore ! Tout se met en place, il fait la demande à son travail car il est hors de question pour lui de quitter son job. Moi, je le quitte (mon job, pas mon mec). Je me rends compte que je n’arrive à m’épanouir nul part, sauf quand je travaille pour moi. Et puis on verra quand je rentre, no pression (je répète, no pression).
On décide de couper le voyage en 2, parce que je n’arrive pas à me résoudre à refuser toutes les demandes de mariage. On reviendra donc pour 3 mois, pour travailler. Ce qui nous évitera de devoir travailler à l’étranger. Et puis, la 2e partie du voyage va normalement se concentrer sur les pays nordiques, donc autant vous dire qu’on va avoir besoin de renflouer les caisses pour ça. Pour mes petits clients qui vont peut-être me lire, je serai entièrement disponible pour vous les mois de mai, juin et juillet 2025 ❤️
Donc voilà, ça y est. J’écris aujourd’hui à 2 jours de partir. Je pensais vous détailler mon itinéraire de départ, mais je pense que ça ne servira pas à grand chose, il changera certainement en cours de route. Par contre, je compte bien bombarder ce petit site de tous mes voyages, mes itinéraires une fois réalisés, et tout ce qui pourra servir à ceux qui souhaitent un jour se lancer dans cette aventure. Et surtout les ratés, les emmerdes, parce qu’il y en aura c’est certain.
Je ne pensais pas spécialement écrire ce genre de texte pour expliquer ce projet. Au final, il est assez personnel et ne servira pas réellement à qui que ce soit. Mais il est là, il sera pour moi le rappel de pourquoi j’ai enfin décidé de tenter l’expérience. Et qui sait, peut-être que cette fois ce sera suffisant ?
Alors oui, je m’en vais, un peu plus longtemps.
Mais je reviendrai.
Pour continuer de vous créer des souvenirs, vous partager mon expérience, et vous parler de cette aventure dont j’ai tant rêvé, et que je vais enfin réaliser.
Á bientôt,


4 comments
Bon vent ma belle ❤️
Merci Perrine 🥰
Wahou, un magnifique projet, qui te ressemble tellement !
Je me réjouis de voir les photos de vos aventures. 🙂
Belle route 😉
Merci pour ton petit mot, ça me fait plaisir 🥰